Jour 15 : Oloron-Sainte-Marie – Messanges


L’itinéraire du jour

Je suis réveillé pendant la nuit par des gouttes qui claquent sur la toile de la tente. Argh ! Mais ça ne m’empêche pas de me rendormir aussi vite que je me suis réveillé. Au matin, il ne pleut pas, il y a même quelques éclaircies ; c’est bon signe. Après avoir remballé mes affaires, voici venu le temps de l’île aux enfants démarrer Kawette. Le moteur étant froid, va-t-il partir sur un seul cylindre, tel une katoch’, comme hier, ou les deux cylindres vont-ils tourner normalement ?

Contact – appui sur le démarreur – Kawette s’ébroue – le moteur tourne normalement. Ouf, parfait tout ça ! Après quelques courses et un café à Oloron, je mets cap au sud pour rejoindre l’Espagne (oui oui, c’est le chemin le plus court pour aller jusqu’à l’océan je vous dis ! ). Je ne sais pas ce qui arrive à Kawette ce matin, elle a des envies bucoliques. Elle me fait d’abord traverser un gué… Juste pour le fait de traverser en plus, car le chemin qui suit est interdit à la circulation…

Bluette m'a tendu un gué-t-apens

Bluette m’a tendu un gué-t-apens

… Puis lui vient l’idée ruminante d’aller meugler dans les pâturages pyrénéens…

Oh la vache !

Oh la vache !

… Ovin le temps d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs…

Un mouton mâche un chewing-gum : « C'est pour garder la laine fraîche »

Un mouton mâche un chewing-gum : « C’est pour garder la laine fraîche »

Sur ces considérations d’ordre agricole, mes roues m’ont amené au col de la Pierre-Saint-Martin, après avoir traversé quelques troupeaux et quelques nuages.

Ils sont sympa dans les Pyrénées Atlantique, ils me félicitent d'être monté jusqu'ici

Ils sont sympa dans les Pyrénées Atlantique, ils me félicitent d’être monté jusqu’ici

Panorama du col de la Pierre-Saint-Martin

Panorama du col de la Pierre-Saint-Martin

Je bascule du côté espagnol de la force mais je me retrouve vite arrêté quelques centaines de mètres après par un mec avec un talky qui barre la route. Une course en cours peut-être ? Je ne sais pas pourquoi la route est bloquée, mais quelques minutes plus tard le trafic reprend. Et qui dit route bloquée pendant un moment, dit personne dessus au moment de sa réouverture. Il n’y a donc qu’une seule chose à faire : GAZ ! Je dépasse rapidement la première voiture de la file qui m’a pris de court au moment de redémarrer, puis je m’en donne à cœur joie dans les virages de la descente pour arriver le long du rio de Belagua. J’en profite pour faire une photo de la vallée avant de repartir de plus belle.

Panorama dans la descente du col de la Pierre-Saint-Martin

Panorama dans la descente du col de la Pierre-Saint-Martin

Arrivé à Isaba, je dois bifurquer vers l’ouest (ouais, ça commence à bien faire d’aller vers le sud ! ), mais Kawette réclame à boire depuis un moment maintenant. Je pousse jusqu’à la prochaine écurie à Urzainqui pour abreuver le bestiau, puis fais demi-tour pour rejoindre la bonne direction.

Encore une route sympathique, entre forêts et rivières, avec un bon enrobé et personne dessus, ce qui permet d’avaler les kilomètres à bon rythme. Je vais alors passer ce qui sera, je crois, le dernier col du voyage : l’alto de Remendia.

Alto de Remendia

Alto de Remendia

Ce n’est pas parce que c’était le dernier col que la route qui suit est inintéressante. Je rejoins le Rio Irati et longe son cours jusqu’au début du lac Embalse de Usoz alors que le ciel se charge de plus en plus. Il y a un parking avec quelques tables de pique-nique. Ça tombe bien, j’ai faim ! Et en plus, j’ai de la compagnie.

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Dommage qu'il n'y ait pas un barbecue sur l'aire de pique-nique, je me serais bien fait une côte de bœuf

Dommage qu’il n’y ait pas un barbecue sur l’aire de pique-nique, je me serais bien fait une côte de bœuf

Plutôt très calme et pas très bavarde, la compagnie en question ; même pas un petit meuh. Enfin, ce sont des vaches espagnoles, je ne sais pas comment on dit meuh dans leur langue, donc je n’arrive pas à instaurer le dialogue avec elles. Devant tant d’incompréhension mutuelle, je décide de poursuivre ma route. Peu après être reparti, je bifurque vers l’ouest pour arriver après quelques kilomètres de liaison à la périphérie de Pamplona. Ce coup-ci, cap au nord !

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p style= »text-align: justify; »>Le début du parcours n’est pas très intéressant, mais au fur et à mesure que je me rapproche de la frontière, la route se met à tournicoter un peu plus et c’est à ce moment que la pluie s’invite. Chouette, je vais pouvoir tester ma nouvelle veste ! Je m’arrête pour m’équiper à l’abri d’un arbre déjà squatté par 2 motards belges qui ont eu la même idée que moi. Une fois étanchéifié, je repars vers la frontière. Arrivé à Irun, il ne pleut déjà plus depuis un moment. J’en profite pour faire l’appoint d’essence de ce côté de la frontière avant de la traverser pour la dernière fois. J’arrive alors à Hendaye par les petites routes tandis que le soleil fait son apparition. Je traverse la ville en commençant à cuire sous mes affaires de pluie et me retrouve face à l’océan : objectif atteint ! Ah oui, j’ai oublié de préciser mon objectif était de traverser la France d’est en ouest – bon ok, je ne suis pas à la pointe de la Bretagne, mais je suis face à l’Atlantique !

Je me débarrasse de mes affaires qui sont aussi bien étanches dans un sens que dans l’autre et j’immortalise le moment.

Objectif océan : atteint

Objectif océan : atteint

La pause d’impose : un café face à l’Atlantique en écrivant une carte postale aux cousins qui passent tous leurs étés depuis 35 ans au même camping à Hendaye. Mais forcément, ils ont choisi le week-end où je passe par là pour remonter en région parisienne. Dommage ! Je vais donc porter la carte au patron du camping qui leur remettra à leur retour. Il en profite pour me montrer un article de journal du sud-ouest qui les met à l’honneur.

Je me pose la question : je reste à Hendaye pour camper, ou je continue ? Il est encore tôt, je vais commencer à remonter tranquillement pour entamer le retour. Je sors de la ville par la route de la corniche qui surplombe l’océan ; la vue est superbe, ça change de la montagne ! Je continue sur la route qui suit la côte, de plus ou moins loin : Saint-Jean-de-Luz, Bidart, Biarritz, Bayonne. À Capbreton, je me mets en mode recherche de camping : j’en repère un à Soorts-Hossegor que je rejoins en quelques minutes : Bonjour, je voudrais un emplacement pour la nuit – Vous avez réservé ? – Non – Désolé, on est complet.

Bon ben tant pis, je repère le suivant et go ! Celui-là, même pas besoin de me déplacer jusqu’à l’accueil, un panneau « complet » trône à l’entrée ; idem pour le suivant. Je continue avec les campings de Seignosse : tous plus complets les uns que les autres. Bon, je ne vais peut-être pas me faire toute la côte Atlantique jusqu’à Brest, non ? Ce n’est pas non plus l’idée du siècle que j’ai eu : vouloir trouver un camping le samedi 15 août sur la côte… Quand je pars en road-trip comme ça, j’ai la fâcheuse tendance à zapper le jour et la date, donc je n’avais pas percuté avant…  Il va falloir faire avec ! Oui, parce que j’ai oublié de vous dire : ok, c’est bien beau d’être arrivé jusqu’à l’océan, mais je veux piquer une tête dedans ! Donc il faut que je trouve un camping pas loin de la côte, ce qui limite le choix.

Les campings de Vieux-Boucau-les-Bains (non, mais c’est quoi ce nom de bled ? ) ne sont pas moins remplis. J’arrive à Messanges ; il y a tellement de monde qui fait la queue au premier camping que je ne m’y arrête même pas. En plus, ça à l’air d’être l’industrie là-dedans. Je m’arrête au suivant, quelques centaines de mètres plus loin. « Non, on est complet, mais allez voir en face, normalement, ils ont de la place ». Je vais donc en face en croisant les doigts.

La persévérance a payé, il y a des emplacements libres ! Je monte la tente rapidos et file faire quelques emplettes pour l’apéro au supermarché qui vient de fermer (forcément). Du coup, je me rabats sur la supérette du camping industriel sus-mentionné, puis je me dirige vers la plage qui est à une bonne vingtaine de minutes de là. J’arrive pile-poil au bon moment. Je vais piquer une tête dans l’océan, mais je ne m’y attarde pas trop : le courant et le vent me font rapidement dériver ; en une petite poignée de minutes, je me retrouve à une grosse centaine de mètres de mes affaires laissées sur la plage. Je lutte pour sortir de l’eau contre le ressac qui veut m’entraîner vers le large ; la fatigue accumulée pendant la journée ne m’aide pas vraiment. Après quelques efforts, je finis par retrouver la plage et rejoindre mes affaires. Apéro ! 

Ouais, bon, il n'y avait que ça comme bière au magasin...

Ouais, bon, il n’y avait que ça comme bière au magasin…

Le concept du « sea, sex and sun », c’est surfait ; je tente le « bière, pistaches et coucher de soleil ». Et c’est plutôt pas mal ! Mis à part le vent qui, en étant sec passait complètement inaperçu, mais maintenant que je sors de l’eau est immanquable… J’en fais abstraction et je  profite du coucher de soleil jusqu’à ce que ce dernier disparaisse complètement derrière l’horizon.

Coucher de soleil sur l'Atlantique

Coucher de soleil sur l’Atlantique

Je me remets en route pour le camp. En arrivant à ma tente, je dîne enfin en préparant un morceau d’itinéraire pour demain. Puis dodo bien mérité après cette journée montagno-océanique !


On the next episode : la fin des vacances approche, il va falloir penser à remonter. Je suis à 700 bornes de chez moi par l’autoroute, mais vous vous doutez bien que je vais l’éviter au maximum !

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