Jour 12 : Lannemezan – Lannemezan


L’itinéraire du jour

Nous ne nous levons pas trop tard pour partir tôt en balade. Objectif de départ : 10 heures ; objectif de retour : milieu d’après-midi. La météo étant toujours au beau fixe, nous prenons notre petit déjeuner sur la terrasse. Nous préparons ensuite les sandwiches pour le pique-nique du midi puis nous nous équipons tranquillement. Nous enfourchons nos montures respectives. Contact. Il est 11 heures, nous avons seulement une heure de retard pour le départ, tout va bien… Gaz !

Nous empruntons quelques petites routes puis arrivons rapidement sur la nationale. Direction plein sud, le long de la Garonne – elle est toute petite par ici ! Malheureusement, la route est bien chargée et nous sommes souvent coincés derrière des voitures/caravanes/camions (aucune mention inutile à rayer… ). Nous passons la frontière espagnole pour arriver en terre catalane, mais le trafic ne diminue pas pour autant. Nous passons par Vielha puis laissons la Garonne à son cours pour entamer l’ascension. Nous profitons de quelques virages dégagés pour prendre un peu d’angle, mais nous arrivons vite sur… un camion poubelles ?! Un pu***** de camion poubelle ! Là, c’est la goutte d’essence qui fait déborder le réservoir ! Mais impossible de doubler alors nous prenons encore une fois notre mal en patience, lentement, très lentement… Nous parvenons finalement à le doubler, juste avant de parcourir un loooooooooong tunnel dans lequel il fait 15 degrés de moins qu’à l’extérieur (ce qui rallonge d’autant plus les kilomètres). Peu après le tunnel, nous faisons une pause (ou peut-être était-ce avant Vielha ; ma mémoire me fait défaut sur ce point…). Avant de se remettre en selle, Mars me propose d’essayer sa Brutale ; je n’hésite pas une seconde : mais bien sûr que je veux ! Après les mises en garde de circonstance concernant le freinage et l’accélération par rapport à ma Kawette, je m’élance avec prudence.

La route continue le long de la frontière entre la Catalogne et l’Aragon, mais toujours autant de trafic. À la première accélération pour dépasser une voiture, je me sens un peu comme Pierrot la Fouine…

Ça tire les bras !

Devant la densité du trafic, je ne peux vraiment pas profiter des capacités de la Brutale et tous ses défauts sont mis en exergue : la planche à pain qui sert de selle, les à-coups à la remise des gaz, le manque de souplesse à bas régime… Bref, c’est une bécane qui ne demande qu’à être cravachée, mais impossible dans les conditions actuelles… Nous longeons le pantà d’Escales puis poussons jusqu’à Huesca pour la pause pique-nique au bord du lac. Superbe vue, les pieds dans l’eau fraiche, au top pour déjeuner !

Lac pantà d'Escales - Huesca

Lac pantà d’Escales – Huesca

Après la pause, Mars me propose de continuer avec la Brutale. Ok ! Je croise malgré tout les doigts pour que la route soit moins chargée et que je puisse en profiter. Nous repartons sur nos pas, vers le nord. Le croisage de doigts a fonctionné, la route est dégagée. Gaz ! Je me rends compte que la Brutale porte bien son nom : ça tire partout, ça tourne dès qu’on place le regard, ça bouge pas d’un poil. Les virages s’enchaînent rapidement et les kilomètres sont (trop) vites avalés. Nous arrivons à Les Bordes pour bifurquer vers l’ouest puis nous entamons la montée vers le coll de l’Espina qui sera avalée en un rien de temps. Nous y faisons une pause pour admirer le paysage et me permettre de redescendre sur terre.

espina


Panorama depuis le coll de l'Espina Panorama depuis le coll de l’Espina

Je reprends le guidon de Kawette pour entamer la descente du col en continuant vers l’ouest. Le choc est brutal, mais dans l’autre sens : mais il n’a rien dans le sac ce veau ! Malgré tout, je reprends vite mes marques et la descente est vite bouclée. Mention spéciale pour ce virage à gauche à flan de montagne qui n’en finit tellement pas de tourner que tu en viens à te dire : « mais on a pas fait un tour complet là ? » juste suivi d’une presqu’épingle à droite qui t’arrive à la gueule parce que tu ne l’avais pas vu venir. Nous arrivons à Castejón de Sos où nous faisons une pause café bien méritée.

L’idée de départ était d’aller à un lac dont je ne me souviens plus du nom, mais l’après-midi est déjà pas mal avancée et il nous reste un bon bout de route pour rentrer. Décision est prise de faire demi-tour pour entamer le retour. Eira me propose d’essayer Lumi, sa Street Triple : tout comme pour la Brutale ce matin, pas d’hésitation possible !

Nous repartons alors pour l’ascension du coll de l’Espina par la face est. Lumi est hyper efficace dans les virages, le moteur reprend à n’importe quel régime, mais il est trop linéaire à mon goût. Dommage, il ne manque pas grand chose pour en faire la remplaçante de Kawette, comme beaucoup l’ont fait. 

L’ascension et la descension (comment ça, on ne dit pas comme ça ?! ) sont faites encore une fois rapidement. Nous repassons pas Les Bordes où la Brutale a déjà soif. Nous en profitons tous pour faire le plein puis je reprends les rênes de Kawette pour la fin de la balade. Nous remontons vers le nord et retraversons le tunnel dans lequel il fait moins 15. Arrivés à Bossòst, au lieu de rester sur la même nationale que le matin, nous bifurquons légèrement vers l’ouest pour retourner en France par le coll de Portilló. Pendant l’ascension, nous faisons un arrêt photo avec Eira tandis que les 2 autres continuent pour nous attendre un peu plus loin.

Dans la montée du col de Portillo

Dans la montée du col de Portillo

C’est à cet endroit que Lumi a commencé à faire des siennes : en voulant repartir, rien ne se passe lors de l’appui sur le démarreur… J’aide donc Eira à relancer sa meule récalcitrante à la poussette – merci la pente du col de nous faciliter la tâche. Nous terminons l’ascension après avoir rejoint Mars et Crichtine, traversons la frontière puis basculons en France pour la descente du col.

À la faveur des dépassements des attardés boîtes-à-roues et d’un tracteur, nous avons pris un peu d’avance avec Eira lors de la descente. Nous nous arrêtons à Saint-Mamet… mais plutôt que de vous conter cette anecdote, je vous la laisse vivre de l’intérieur :

« Allez, je ne résiste pas, je partage : on descend donc le col du Portillon, Micka m’ouvrant gentiment la route pour me montrer les traj (moi petit padawan), on s’arrête dans le premier bled qu’on croise pour attendre les deux autres. Je ne coupe pas le moteur pour pouvoir repartir… Les deux suivants arrivent, suivis par un énorme tracteur avec sa remorque de paille (détail qui a son importance).
Je me dis : « Allez, on passe tous avant le tracteur, je leur expliquerai plus tard ! »

Je mets la première…

Avec la béquille. » – Eira

Bon, en partant avec deux Anglaises et une Italienne, il fallait bien qu’une panne arrive à un moment ou à un autre ! Après cette petite mésaventure, le reste du retour se passe sans encombre. Nous rattrapons la nationale empruntée le matin à hauteur de Chaum puis déroulons les derniers kilomètres tranquillement. Nous arrivons à destination vers 19 heures, en plein milieu d’après-midi, pile-poil le timing prévu ce matin !

Après une douche rapide, nous passons à l’apéro tout en préparant le barbecue et les différents itinéraires du lendemain, chacun allant dans une direction différente. Pour ma part, je ne suis pas encore fixé : est ou ouest ? Un appel au cousin – Allo, je suis dans les Pyrénées, je passe vous voir demain – ok ! (bon, c’était un peu plus long, mais pas beaucoup). Du coup, je suis fixé : demain, direction Toulouse !

Ce n’est pas le tout, mais comme Pascal, nous avons la dalle ! Nous passons à table pour attaquer le barbecue. Après avoir avalé quelques grillades, nous commençons à être repu, mais Mars nous annonce qu’on va passer au plat maintenant que l’entrée est terminée. Euh, ouais, mais non ; plus faim là ! – Mais il faut finir, on part demain – Bon ok, mais juste un peu alors. Nous avons bien mangé, nous avons bien bu, nous avons la peau du ventre bien tendue (merci petit Jésus). Pour faire passer tout ça, le digestif s’impose !

Nous commençons alors a rassembler quelques affaires pour avancer un peu les préparatifs du lendemain puis allons rapidement rejoindre les bras de Morphée car le clairon sera sonné de bonne heure !


On the next episode : la météo était au beau fixe depuis quelques jours, mais ça ne va pas durer : la tempête arrive ! Stay tuned…

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