Jour 6 : 1/09/14 – Bellagio/Tirano


L’itinéraire du jour (301 km)

Réveillé assez tôt, je profite du lever du soleil derrière les montagnes. Les nuages de la veille ne sont plus qu’un souvenir, le ciel est magnifiquement dégagé.

Un matin à Bellagio

Un matin à Bellagio

Je pars du camping vers 9h10 après avoir discuté avec la propriétaire ; elle me dit qu’il n’y a pas eu de belle journée comme ça depuis le mois de mai et qu’ils ont eu seulement 4 jours de météo à peu près potable de tout l’été… Soit, je compte bien en profiter !

Je descends au centre-ville de Bellagio pour faire un tour dans ses petites ruelles escarpées. C’est une ville assez cotée avec son lot de boutiques de luxe que je fuis comme la peste en préférant les zones moins touristiques, plus authentiques.

Je cherche en vain les jardins de la villa Melzi ; d’après le guide, ils sont réputés mais aucun panneau pour dire où ils se trouvent. Tant pis, je repars en passant par la pointe où les vagues claquent sur le quai, avant de reprendre la route le long de la jambe est du lac. En me dirigeant vers la sortie de la ville, je trouve finalement les jardins dans lesquels je vais me promener. Comme on est à la fin de l’été, ils ne sont pas beaucoup fleuris, mais au printemps, ça doit être splendide.

Après avoir fait le tour des jardins, je remonte en selle pour descendre jusqu’à Lecco où je fais quelques emplettes pour mon pique-nique.

P1110105 Lacco lac de come


Lecco Lecco… ecco… ecco

Je continue de remonter le long du lac jusqu’à Mandello del Lario où je fais ma pause pique-nique dans un parc au bord de l’eau. Le vent soufflant à mach 2 et les 35° celsius ambiant poussent les kite-surfeurs à se mettre à l’eau et à s’en donner à cœur joie.

Je regagne tranquillement Kawette en trainant un peu dans le parc…

Mandello del Lario


Pan ! Pan !

… et je repars un peu plus au nord pour prendre un café à Varenna.

Je continue le long du lac jusqu’à Nuova…

Campo Lago di Mezzola - Je dis au revoir au lac de Come

Campo Lago di Mezzola – Je dis au revoir au lac de Come

… Puis plein nord jusqu’à Chiavenna. Cette fois-ci, je bifurque vers l’est-nord-est, pour traverser la frontière avec la Suisse avant de commencer l’ascension du Malojapass. La route est splendide, large et propre, un vrai billard et presque personne : GAZ ! Les virages du début de la montée sont très variés : du lent,  du rapide, du moyen ; le paysage est magnifique : tout ce que j’aime ! Je m’en donne à cœur joie, quand tout à coup : « crrrrrr »… Oups, le repose-pied gauche qui frotte le bitume… Bon je vais me calmer un peu, la route est encore longue, pas la peine de se mettre au tas tout de suite. Les épingles arrivent seulement sur le haut de la montée. Et d’un coup, le paysage qui était boisé jusque là, se désertifie et la montée abrupte laisse place à un long plateau où la route longe le Silsersee (1797 mètres d’altitude). La température commence à être plutôt fraîche à cette altitude ; je prends quelques clichés et repars rapidement.

Silsersee - Bregaglia

Silsersee – Bregaglia

À Silvaplana, je tourne à gauche pour éviter (Bourg-)Saint-Moritz et entreprendre l’ascension de la Julierpass.

P1110244 Julierpass


Julierpass Julierpass

Les nuages font rapidement leur apparition et la route du col devient de plus en plus humide.

Dans la descente de Julierpass

Dans la descente de Julierpass

Quelques gouttes commencent à tomber peu après le début de la descente et la pluie s’intensifie rapidement, m’obligeant à m’équiper de mes affaires de pluie.

Hop, je sors mes affaires de pluie

Hop, je fais prendre l’air à mes affaires de pluie

Je poursuis la descente prudemment et rejoins la verdoyante vallée suisse. La route serpente tranquillement tandis que la pluie s’arrête rapidement. Le bitume s’assèche au fur et à mesure que j’avance ; c’est bon signe !

P1110272


Les verdoyantes vallées suisses Les verdoyantes vallées suisses

À Tieffencastel, je bifurque vers l’Albulapass. La température chute très rapidement contrairement à l’altitude qui augmente. Arrivé en haut du col pourtant pas extrêmement haut, la neige m’accueille sur le bord de la route. Oui oui, la neige ! Début septembre ! Alors que seulement quelques heures plus tôt, je mourais de chaud sous le cuir avec plus de 35°C au bord du lac de Come, je suis sévèrement en train de me les geler ; il doit faire à peine quelques degrés au-dessus de zéro (j’ai appris le lendemain qu’il faisait seulement 2 ou 3°C). Le choc thermique est rude !

P1110294 Albula pass


P1110299 Albula Pass
Qui est-ce qui a déréglé la climatisation ? Qui est-ce qui a déréglé la climatisation ?

Après quelques clichés rapides, je reprends la route pour rejoindre des températures plus clémentes. Passage par La Punt-Chamues-ch – non, je n’ai pas fait de faute ; oui, c’est un vrai nom de bled et pour les curieux, ça se prononce comme ça :

Puis Pontresina, pour attaquer le dernier col de la journée : Berninapass.

P1110316 pano39 montee passo del Bernina


P1110320 pano40 passo del Bernina
Passo del Bernina - Berninapass Passo del Bernina – Berninapass

Après la première partie de la descente, la route se met à serpenter gentiment, parfait pour finir la journée. Je repasse la frontière et quelques kilomètres après, j’arrive à Tirano.

Arrivée à Tirano

Arrivée à Tirano

Bon, il est 20h passé, il fait nuit, j’ai faim, je n’ai pas d’étape pour ce soir et le premier camping est à 20 bornes dont 15 de routes de montagne : tout va bien ! Je laisse rapidement tomber l’idée de dormir sous la tente pour me rabattre sur l’option hôtel ; une fois n’est pas coutume. Je fais un tour dans la ville pour un repérage et j’en trouve un qui n’a pas l’air trop mal. Je m’arrête devant et commence à regarder dans mon guide pour savoir s’ils conseillent des hébergements à Tirano. J’ai à peine le temps de trouver la bonne page que j’entends derrière moi : « vous êtes perdu ? » en français et sans accent. Moi : « Euh, non, je cherche juste un hôtel pour la nuit. J’ai vu celui-là et je regardais juste dans mon guide s’ils en parlaient » . Il me répond qu’il a pris une chambre là : 40 euros la nuit, petit déjeuner inclu, le parking couvert pour la moto et les chambres sont correctes. Vendu ! Moi dans mon fort intérieur : « Tiens, un motard français, cool ! ». On papote vite fait puis je vais à la réception de l’hôtel pour réserver ma chambre en baragouinant en italiano-franglais. L’inconnu m’aidant un peu avec son italien un peu plus développé que le mien. La réservation faite, on se souhaite bonne soirée et peut-être à demain au petit-déjeuner. Je vais ensuite mettre Kawette au garage avant de prendre possession de ma chambre. Bon, ce n’est pas le tout, mais j’ai la maxi dalle, là !

Je pars en ville en quête d’un estaminet servant des spécialités locales à base de pâte à pain finement étalée et garnie de sauce tomate et autres ingrédients variés puis passée au four à bois. En Italie, il y a des pizzerie partout, sauf quand j’en cherche une ! Et les autres restaurants sont en train de fermer pour la plupart. C’est fou ça ! Je me rabats alors sur le restaurant d’un autre hôtel qui est encore ouvert et qui propose un « menu Estivo » ; voici ce que ça donne en version originale :

L’Estivo carpaccio di Bresaola di tacchinella con le sue guarnizioni

Il risottino alle freshe ortiche selvatiche e scorzetta di limone

Il filettino di manzo allo speck del Südtirol accompagnato de misticanza di spinacini nature

Il semifreddo al torroncino di amaretti a l’arôme di Grand Marnier

Je n’ai pas compris la moitié du menu, mais c’était vachement bon ! A la fin du repas, je suis le dernier client du restaurant et les deux serveurs n’ont pas l’air enclin à me mettre dehors : ils me proposent même un digestif local que je ne connais pas, le Braulio. C’est un alcool de plantes, très amer et qui passe tout seul. Il va falloir que j’en achète une bouteille avant de rentrer !

Sur cette bonne résolution, il est temps d’aller reposer les yeux pour aujourd’hui.


On the next episode : plus qu’une étape avant les Dolomites ! Avec un monument d’altitude majeur : la stèle vit haut

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